Historique de la Naginata

 

 

 

 

 

 

NaginataLa Naginata, probablement l'arme blanche la plus redoutable jamais conçue, reine des champs de bataille japonais, ou elle est apparue aux troubles de l'ère Tengyō (938–947) avec les moines guerriers yama-bushi.Naginata

Ces fameux Yama-Bushi (guerriers de la montagne) étaient des moines bouddhistes qui vivaient sur les pentes du mont Hiei.

Ils étaient organisés en ordres militaires comme les templiers occidentaux afin d’assurer la protection des sanctuaires contre les bandits.

Les Yama-Bushi furent des combattants redoutables dont les monastères devinrent très tôt des hauts lieux d'Arts Martiaux réputés dans tout le Japon ou de nombreux samouraï venaient s'y instruire et s'y perfectionner.

 

Plus longue que l’épée, la naginata présentait l'avantage de pouvoir s'engager dans la bataille tout en gardant une certaine distance par rapport aux ennemis. La naginata s'apparente à un sabre dont on aurait allongé le manche.

NaginataLes signes chinois qui la désignaient pouvaient être traduits par « long sabre ».

Le Naginata ou faux de guerre est constituée d'un long manche de bois de 2 à 3 mètres cerclé de fer, munie à une extrémité d'une lame de 30cm environ, aussi tranchante qu’un sabre.Naginata

Dans certains cas, la lame pouvait atteindre de 60cm à plus d’un mètre.

A l’autre extrémité une pointe grossièrement amincie, servait à casser les cuirasses.

La Naginata est dérivé des « gé » ou hallebardes chinoises en bronze importées de chine au début de notre ère.

 

La Naginata guerrière consistait en des mouvements de balayage circulaire calculés d’après la force centrifuge.

NaginataL’arme y faisait le vide, fauchait tout autour d’elle avec une force extraordinaire.

 

A l’époque Nara (710-794), les cavaliers armés devenaient une force importante et il était difficile de les combattre avec des armes classiques: flèches ou sabres.Naginata

La longueur de la Naginata permettait aux guerriers au contraire de couper les jarrets des chevaux et de tenir les cavaliers à bonne distance.

 

Dans la célèbre bataille des Taira contre les Minamoto à Dan-No-Ura (1185), la Naginata joua un rôle important.

Benkei, l’assistant fidèle de Yoshitsune, le prodigieux chef Minamoto, était lui-même armé d’une Naginata.

A partir de cette époque l’usage de la Naginata se répandit partout sur les champs de bataille, et nombreux furent les Samouraïs qui y perdirent leurs jambes.

On raconte également qu’un moine du XIIieme siècle, Tajima "le Coupeur de flèches", traversa sain et sauf un pont balayé par des volées de flèches en les fauchant avec sa Naginata.

 

NaginataAu cours du temps la lame devint plus grande et plus courbe et une tsuba (garde) fut rajoutée (période Sengoku, 1477–1573).

Les écoles de Naginata se multiplièrent au Japon (on en comptait 425 durant l’ère Muromachi (1336-1574), mais durant cette même période, les armes à feu, faisant leur apparition (1542), allaient progressivement reléguer la Naginata mais aussi le sabre à une place secondaire.

Cependant, comme sa silhouette était suffisamment impressionnante pour terrifier les ennemis, cet avantage la transforma en arme de défense conservée dans les châteaux.

La naginata cessa alors d'être utilisée comme arme de bataille mais continua à être employée par les médecins et les femmes de samouraïs, raison pour laquelle la longueur de la naginata fut considérablement réduite lors de la période Edo (1600–1868).

 

Confiée aux mains des femmes de Samouraï depuis l’ère Heian (après 1185), il servait à leur entrainement, elles s'en servirent comme arme de légitime défense.

A cette période, elle faisait partie intégrante de la dot. L’habileté et les prouesses de certaines guerrières sont passées dans l’histoire.

 

Au XIXième siècle, elle perd son caractère militaire (bujutsu) pour devenir une discipline personnelle (budo).

 

À partir de la période Meiji (1868–1912), l’art de la naginata a été employé dans les écoles comme manière de développer le bien-être spirituel et physique des filles, alors que les garçons faisaient du Kendo dans le même but.

Cet art est encore pratiqué aujourd'hui et en plein essor.

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Actuellement, la lame en acier est remplacée par deux lames de bambou et la pointe par un capuchon en cuir.Naginata

NaginataArt martial à part entière, le Naginata (escrime à la lance japonaise) est le dernier à être sorti des temples ou étaient enseignés les techniques de combat.

En compétition et en entraînement dans le cadre des katas, cette première phase est une excellente gymnastique de maintien, de connaissance de l'espace, d'adresse et de précision.

Avec l'armure, pratiqué à deux, il oblige à l'acquisition des réflexes, au contrôle de la nervosité et à l'augmentation de la vitesse de jugement.

Plus tard, lorsque les coups se succèdent plus rapidement, la possibilité de défoulement est très grande; les assauts sont alors portés sans retenue et permettent au pratiquant de s'exprimer pleinement.

La Naginata se révèle alors une arme redoutable. Au Japon, jusqu'à la fin de la seconde guerre mondiale, sa pratique faisait partie du programme scolaire.

Supprimée après la guerre, elle renaît quelques années plus tard.

La fédération de Naginata du Japon fut fondée en 1955 et compte plus de 400 000 pratiquants.

Elle a codifié les différentes techniques des nombreuses écoles existant alors pour en faire un sport très précis avec concours techniques de "kata" et rencontres de toutes sortes...

 

NaginataNaginataNaginata

Le Naginata Moderne

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naginataLa fédération Japonaise de Naginata, la « Zen Nihon Naginata Renmei » - ZNNR - a été créée en 1955 et l’enseignement du Naginata devint uniforme dans tout le Japon, ce qui facilita les rencontres entre les Dojo et l’entrée officielle de la discipline dans les écoles et les universités.

Le Naginata fut alors officiellement reconnu comme sport universitaire.

 

Les premiers pratiquants du Naginata moderne furent uniquement des jeunes femmes.

Les hommes, eux, regardaient de loin une discipline dirigée par des femmes.naginata

Ils avaient du respect pour l’arme et la discipline, mais ne venaient pas pratiquer.

C’est à cette époque que la pratique du Naginata eut la réputation d’être exclusivement féminine.

 

Peu à peu, à l’occasion de démonstrations de combats de Naginata ou de combats Kendo contre Naginata, les hommes se rendirent compte de la force de cette arme qu’ils avaient pratiquement oublié, et vinrent peu à peu pratiquer.

Actuellement, en Europe, 80 % des pratiquants de Naginata sont des hommes.

 

Le Naginata en France

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Simone Charton

En septembre 1973, la Française Simone Charton envoyée à Osaka pour étudier le Naginata, rentre en France.

Elle est seule en Europe à pratiquer cette discipline et se lance dans l’aventure.

Un club de Kendo lui ouvre ses portes à Paris : le CEPESJA, Cercle Parisien d’Escrime Japonaise.

En réunissant des élèves lycéennes (elle est « prof de gym »), des collègues, des amies intéressées, elle crée le premier club de Naginata en France et le CEPESJA devint, durant un certain temps, le Cercle d’Escrimes Japonaises au pluriel.

En 1974, le Naginata rejoint la Fédération de Judo : FFJDA, à la suite du Kendo, du Iaïdo et du Jodo.

Soutenu par cette solide administration, il lui est facile de suivre la ligne administrative du Kendo, et de copier son organisation sportive.

Voyant que le Naginata se développait en France, l’expérience parut valable à la fédération japonaise.

 

NaginataLa difficulté est de convaincre les pratiquants les plus doués d’ouvrir des clubs à leur tour, en leur en donnant les moyens.

La responsable du Naginata est aidée en cela par la venue de “Sensei” Japonaises que la ZNNR (Zen Nihon Naginata Renmei / Fédération Japonaise de Naginata) lui envoie dès qu’une occasion se présente.

Avec la venue de Sensei japonaises, elle organise sur Paris, dès 1975, des stages techniques, d’arbitrage et d’organisation de compétitions.

Elle retourne plusieurs fois au Japon : en 1976 où elle passe son premier Dan, puis en 1978, en 1980, en 1993 et en 1995.

La fondatrice du Naginata en France acquiert ainsi assez de connaissances pour élaborer un programme de “Kyu” (niveaux en-dessous du premier Dan) qui, en s’appuyant sur les Shikake-oji Waza (formes codifiées pour l’apprentissage des bases du Naginata), peut aussi servir de progression pédagogique.

En 1978, elle organise, grâce à l’aide des clubs de Kendo de Beynes et de Magnanville, un stage international à Magnanville.

Tokunaga SenseïCe stage est dirigé par Tokunaga Sensei, ainsi que par Funahara Sensei, responsable de la pédagogie à la ZNNR.

Tokunaga Sensei a fait de nombreux voyages en France et participa activement au développement du Naginata Français.

Elle nous apprit comment transmettre l’art très complexe du maniement du Naginata.

Tokunaga Sensei a fait de nombreux voyages en France et participa activement au développement du Naginata Français.

Elle nous apprit comment transmettre l’art très complexe du maniement du Naginata.

 

La création d’une fédération internationale, INF, devint inévitable.

Elle naquit en 1990 et ce fût l’occasion de la première rencontre internationale durant laquelle sept pays s’affrontèrent à Tokyo.

Le Japon fut premier, et, à la grande surprise de tous, la France fut deuxième et les U.S.A troisième.

De nombreuses rencontres internationales ont été organisées depuis, et avec la naissance d’INF, les fédérations nationales se sont peu à peu structurées.

 

Naginata1995 : premiers Championnats du monde à Tokyo.

1999 : deuxièmes Championnats du Monde à Paris.

2002 : premier Championnat du Japon masculin.

2003 : troisièmes Championnats du Monde à San José, Californie.

2007 : Championnats du monde à Bruxelles.

2008 : Championnats d’Europe en Hollande.

 

Le Naginata participe aussi à la vie du Comité National De Kendo (CNK), au même titre que les autres disciplines associées.

Il occupe un siège dans les réunions de travail.

 

Les “Dan” de Naginata délivrés par un jury français sont homologués en France au même titre que ceux du Judo et des disciplines assimilées, et sont reconnus par la Fédération Internationale de Naginata (INF).

 

 

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