Seiza

 

 

 

écritures japonaises : 正座(せいざ)

SEIZA (prononciation francisée Séïza).

Saito SenseiSeizaSeiza

C'est une position très connue et qui a depuis très longtemps séduit l'occident que l'on soit pratiquant d'art martiaux, de cérémonies du thé ou plus rarement du Zen ! Mais comment s'est installée cette coutume de s'agenouiller chez les japonais dans leur vie de tous les jours ? Comment est-il devenu l'assise formelle de politesse à travers tout le pays ? Avant de répondre, sachons d'abord que le mot Seiza est formé de deux sinnogrammes (kanji), signifiant littéralement "l'assise correcte". Oui, le Seiza est donc bien l'assise formelle de bien séance.

Seiza

 

Le Seiza se serait répandu chez tous les japonais dans leur vie sociale et personnelle au début du XIIème siècle (époque Edo), sous l'impulsion du Shogun Ieyasu TOKUGAWA (1600). Avec l'aide de conseillers, il voulait établir une manière officielle de s'asseoir qui soit appliquée lors des rencontres ou réunions, à tous les échelons de la vie administrative et sociale. Mais dans quel but me demanderez-vous ? Et bien il faut savoir, que du XVème au XVII ème siècle (époque Sengoku), le Japon fut plutôt malmené socialement et politiquement : intrigues politiques, renversements de pouvoir, rivalités , complots et trahisons généralisées... Les clans s'affrontent pour le pouvoir local et les vassaux renversent les seigneurs. C'est le monde à l'envers pour ces derniers et un climat d'insécurité permanente. Ainsi, sous le prétexte d'une réunion de pour parler entre clans, le rival peut sortir trop facilement son arme et cela donne trop d'idées à d'autres. La spirale de vengeance que chaque homicide provoquait entre les familles impliquées constituait une véritable plaie sociale intolérable pour le gouvernement.

 

SeizaMais bref, à l'époque Edo le calme est revenu politiquement. Mais dès le début, Tokugawa tient à faire savoir à tout le monde que cette ancienne période de révolte est définitivement terminée et que le temps des rébellions est révolu. Et parmi toutes ses actions politiques et sociales, il en est une qui concerne le Seiza qui fut adopté comme assise obligatoire dans les réunions politiques et administratives et par extension comme assise "nationale". Mais pourquoi d'après vous ? Et bien, Tokugawa et ses conseillers savaient pertinament que le Seiza était la manière la plus inconfortable de s'asseoir, provoquant quelques engourdissements et crampes au jambes (et oui ! même pour les japonais). Ainsi cela permettait de garantir une certaine sécurité, car c'est la manière la plus sûre pour empêcher quelqu'un de se relever rapidement et de sortir son sabre. Ainsi il a imaginé que se recevoir à genoux, cela mettrait les partis en présence mutuellement en confiance. Donc d'une certaine manière le Seiza fut presque adopté pour répondre à un problème de sécurité nationale ! Le Seiza fut dès cette époque l'assise qui garantirait la confiance et le respect, dans les châteaux et les foyers japonais.

 

Nobuyoshi TAMURA Sensei

 

 

Être assis en Seiza, c'est-à-dire à genoux, n'est pas une simple manière exotique de s'asseoir destinée à faire souffrir les débutants occidentaux : le Seiza et les saluts effectués à genoux ont des origines morales, stratégiques, et même religieuses qu'il est utile de connaître pour retrouver tout le sens de cette position fonda mentale.

 

 

 

Le kanji qui dessine la position assise représente deux hommes assis par terre sous un toit. Ceci donne l'idée d'une dimension sociale et de partage d'un lieu. SEI signifie droit, vertical, mais aussi correct, juste. La signification de « droit » au sens figuré d'être droit croise une signification figurative de rectitude et de juste place, tant en français que dans le caractère chinois. Une autre manière d'écrire le premier caractère SEI, est plus directement lié à un état d'esprit. Il signifie le calme, l'absence de mouvement.

 

 

 

La forme de base pour se mettre en Seiza est composée de phases diverses :

  • Debout avec les mains sur les cuisses et les coudes bien fermés maïs pas rigides. Les épaules détendues, le dos bien droit. Les genoux sont un peu pliés et les pieds écartés selon la largeur des hanches.
  • Reculer le pied gauche et l'appuyer sur les orteils au niveau du talon du pied droit. Garder le dos bien droit et plier légèrement l'autre jambe pour maintenir la posture.
  • Poser le genou gauche sur le tatami. Les orteils sont toujours relevés.
  • Reculer la jambe droite et placer le genou droit au même niveau que le genou gauche.
  • Coucher les orteils et en gardant l’alignement du corps, écarter les genoux selon la largeur des épaules.

 

Traditionnellement en Seiza le pouce gauche est posé sur le droit.

 

Hakama Sabaki

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Le hakama peut donner des soucis pour se mettre en Seiza correctement. II y a deux problèmes fondamentaux :

  • Prendre la position rapidement.
  • Eviter que le hakama empêche les libres mouvements des pieds et des genoux.

Pour faire face à cette exigence, il est possible utiliser le mouvement de hakama sabaki, à la lettre : déplacement du hakama.

  • Debout, on écarte un peu les genoux en les gardant pliés.
  • En écartant bien le genou gauche on chasse le hakama vers l'extérieur avec la main droite.
  • Tout de suite après on chasse, avec la même main, l'autre côté du hakama vers l'extérieur. Les deux mouvements sont liés, sans aucun temps mort entre l'un et l'autre.
  • Descendre le genou gauche jusqu'au tatami en avançant la hanche gauche.
  • Joindre le genou droit au genou gauche en gardant entre les deux la largeur des épaules.

Noter que le hakama est maintenaient bien plié sous les genoux et n'empêche aucun mouvement ni des pieds ni des genoux.

 

Les pieds sont encore en kiza (orteils relevés) et ce n'est que lorsque les genoux sont au sol et le dos bien droit qu'il est possible d'allonger les orteils en position de Seiza.

 

Remarque : il est très important de se rappeler qu'il est considéré comme très impoli, pendant le mouvement de hakama sabaki, de faire trop de bruit avec le hakama. La précision et la discrétion sont, par contre, indispensables pour obtenir un mouvement correct et efficace.

 

 

Les mains et le Seiza

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La position des mains est aussi très importante et fait partie intégrante du Seiza.

 

Pendant la pratique les mains sont appuyées sur les cuisses au niveau des hanches et les coudes, ni trop serrés, ni trop écartés, forment un cercle avec les épaules et la direction des doigts.

Pendant le rei (salut), le sensé peut appeler le mokuso (méditation avec la respiration). Avec les yeux fermés, on peut choisir diverses positions des mains. Les plus fréquentes sont :

  • La main gauche dans la droite, les pouces croisés, les mains reposent au niveau du seika tanden (deux centimètres au-dessous du nombril). Certains voient dans la position des deux mains refermées l'une sur l'autre le Taiji, symbole du yin et du yang.

  • Les doigts de la main gauche sont posés sur ceux de la main droite, les deux pouces se touchent, le tout formant un cercle. Les mains sont appuyées sur les hanches de manière à ne pas relever les épaules.

Cette position est typique de la méditation bouddhique zen et peut être faite aussi en inversant l'ordre des mains selon la secte zen. En Aïkido on pose de préférence la main gauche sur la main droite, en respectant la plus grande importance que les Japonais donnent à la gauche qui représente pour eux l'âme, l'esprit, la vie, contrairement à la droite qui représente le corps, le matériel, le caractère éphémère de la vie. Ceci peut être remarqué aussi sur le kamiza traditionnel qui est composé toujours à droite d'un vieil arbre ou de quelque chose qui représente l'impermanence de la matière.

 

En accord avec ce concept, on monte sur le tatami avec le pied gauche, et on descend avec le droit.

 

 

ZAREI, le salut en Seiza

Nobuyoshi TAMURA Sensei

A partir de la position de Seiza, poser la main gauche devant soi, ni trop loin, ni trop près des genoux, de manière à former un arc de cercle avec le bras.

 

Cette fois la priorité de la main gauche a un caractère spécifiquement stratégique : elle permet de garder la main droite libre et prête à dégainer le sabre.

 

Poser ensuite la deuxième main, de manière à former un triangle avec les pouces et les index.

 

A partir de cette position incliner le dos vers l'avant en prenant garde de ne pas décoller les hanches des pieds. Le nez doit se retrouver exactement au-dessus du triangle formé par les mains.

 

Seiza

 

Remarques :Selon le niveau de la personne à saluer, il convient de s'incliner plus ou moins bas (c'est toujours le moins gradé qui doit s'incliner plus bas).

 

Pour saluer le kamiza, il est de coutume de poser les deux mains en même temps, ce qui est plus poli encore. Poser les deux mains ensemble ne permet pas de dégainer le sabre, ce qui signifie une complète dévotion et confiance. Cela se fait donc aussi en face des grands maîtres.

 

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