Le Jo

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Jo

 

Description

 

Joarmes en boisLe () ou bâton moyen est une arme traditionnelle japonaise en bois d'une longueur de 4 à 5 Shaku (soit approximativement 120 à 150 cm) et d'un diamètre de 2,6 centimètres environ. Il est utilisé lors de la pratique de l'Aïkido (aiki jō), du Jōdō et du Jo jutsu.

 

Le bâton de , de taille moyenne, se différencie du (bâton long), du tanbō (bâton court) et du hanbō («demi bâton»).

 

Aujourd'hui le jo est toujours utilisé par certaines forces de police japonaises qui en font un grand usage contre les manifestants.

 

Le Jo peut être toutes les armes ou presque ; on peut même le lancer ou lancer des objets avec quand il sert d’outil de levage (transport de seaux, baluchon, etc…). Ainsi le travail dans la distance de combat du Jo applique des techniques apprises avec d’autres armes sur quantités de distances, rythmes et timings différents. C’est là que l’arme primordiale ou basique devient l’arme d’un expert, permettant une expression encore plus riche de notre Taijutsu (techniques du corps, techniques de combat à mains nues).

 

De façon générale, le bâton est l’arme de fortune du bandit de grand chemin – nous pouvons remarquer que le caractère chinois pour bâton (« Gun ») se traduit aussi par « canaille », « vaurien » – le sceptre du pouvoir, l’appui du soldat blessé, du pèlerin ou de l’humble moine, dans sa forme la plus dépouillée. Il est la baguette magique, le bâton de Moïse, symbole du pouvoir de Dieu et le lien intemporel entre le Ciel et la Terre. Ainsi, associé à la révolte ou au pouvoir, ce symbole est présent dans toutes les classes sociales et de nombreux domaines tels que les rituels divers (religion, sociétés secrètes…), la justice ou l’autorité. Par exemple, les policiers impériaux chinois étaient armés d’un bâton rouge et noir, afin de le distinguer des autres, appelé bâton « eau et feu » (Shui Ho Grin Dao).

 

Le bâton est accessible à tous par sa facilité de fabrication, son coût moindre par rapport aux sabres et épées souvent réservés à la noblesse. Dans les différents arts chinois et notamment celui du temple Shaolin, le bâton est le premier pas vers la pratique des armes et la base pour aborder les autres armes. On le désignait comme « la mère de toutes les armes », une appellation féminine en accord avec son association à l’élément Terre. Si certains outils correspondent à des saisons et à des éléments particuliers, le bâton sert toute l’année, d’où son association à l’élément Terre présent à chaque inter-saison.

 

Notons que les autres éléments de la cosmologie chinoise sont : le Métal (automne), l’Eau (hiver), le Bois (printemps) et le Feu (été). Depuis l’observation du gnomon, toutes ces notions nées du principe de polarité universelle Yin-Yang, impliquent l’idée de cycles (horaire, journalier, annuel, etc), ou de points cardinaux. Que se soit en Chine, Mésopotamie ou Egypte, l’Homme en plantant un bâton dans le sol a observé la course du soleil dans le cycle circadien. La courbe du jour et sa symétrique forment un « S » qui nous renvoie à la ligne séparant le Yin et le Yang (ici jour-nuit) dans le symbole du Taichi.

 

Histoire

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Le bâton est probablement la deuxième arme utilisée par l’humanité après la pierre que l’on ramasse et que l’on jette sur l’ennemi. On en parle dans les manuscrits de guerre les plus anciens, car cette arme, malgré son apparence inoffensive, peut s’avérer redoutable dans des mains expertes.

 

Kobujutsu

Dans certains épisodes de l’histoire où l’on interdisait le port et la possession d’une arme, il était impossible de mettre hors la loi un bâton de combat existant potentiellement dans de nombreux objets de la vie courante, comme ce fût le cas pour le (bâton long) d’Okinawa. Suite à l’invasion japonaise, les Okinawaiens ont développé les Kobujutsu, des maniements d’armes à partir de leurs outils. (Ko = ancien ; Bu = guerre ; Jutsu = technique ; = la Voie). Avec l’élaboration de techniques de combat, ces outils de manants purent affronter les armes nobles des samuraï. Plus tard, avec l’adjonction de considérations philosophiques, pour que ces disciplines soient pratiquées en tant que Voies (Budo), les Kobujutsu évoluèrent en Kobudo.

 

Chose assez peu banale dans les arts martiaux traditionnels japonais ou Budo, le Jodo (voie du bâton) dans sa forme structurée et codifiée est né d'une défaite...

 

 

En effet, l’élaboration de la technique du Jo est attribuée à Musô Gonnosuke. On ne connaît pas grand chose sur cet homme qui inspire beaucoup de légendes. Il étudia le Katori Shintô Ryû et le Kashima Jokishinkage Ryû avant de se lancer dans une serie de duels destinés à tester et perfectionner son art. C’était le contemporain du célèbre Miyamoto Musashi. Leur rencontre était inévitable.

 

Musô Gonnosuke

Selon une version de l’histoire, Gonnosuke alla trouver Musashi dans la province de Harima vers 1605, pour le défier. Ce dernier était en train de tailler une branche de saule et refusa le défi, peu disposé à faire une exhibition de son art. Devant la provocation croissante, le samuraï dit enfin à Gonnosuke qu’il le contrerait quoiqu’il fasse, mais toujours sans combattre. Il finit par vaincre Gonnosuke et son , avec son Bokken improvisé, en lui laissant la vie sauve.

 

Après sa défaite, Musô Gonnosuke cherchait une arme suffisamment longue pour avoir un avantage d'allonge significatif sur le sabre, mais suffisamment court pour rester plus maniable que la lance (yari) ou le . Il se retira pour méditer sur le mont Honan (Préfecture actuelle de Fukoka). Après 37 jours de méditation et de rites Shinto, il a la vision d’un enfant angélique qui lui inspire l’idée d’une nouvelle arme, le Jo. Il aurait alors pris conscience du principe du Suigetsu (eau – lune), c’est à dire devenir un avec l’adversaire comme le reflet de la lune sur l’eau, suivant les mouvements de l’eau sans résistance mais en adaptation constante. Le Jo est un bâton plus court que le mais plus long que le sabre ou le Hanbo. Sa longueur lui donne une maniabilité accrue par rapport au , permettant des mouvements là où le serait bloqué par le sol ou le corps dans son maniement.

 

Gonnosuke contre Musashi

Le guerrier utilisa pour l’élaboration de sa technique ce qu’il avait appris en , Yari (lance), Naginata (hallebarde) et Tachi (sabre). Ainsi, ces nouveaux principes de maniement d’un bâton lui permit de battre Musashi dans son second duel où il lui épargna la vie à son tour. Le niveau Okuden (niveau supérieur) du style de Gonnosuke contient des techniques à utiliser contre un adversaire muni de deux sabres. Certains suggèrent que ce sont les techniques qui furent la clef de la victoire contre Musashi.

 

Les versions de cette histoire sont nombreuses, certains affirmant que Gonnosuke affronta la première fois son adversaire avec un Bokken et non un . D’autres, concernant Musashi, racontent qu’il utilisa sa technique aux deux sabres.

 

D’ailleurs, sommes-nous sûrs que le sabreur ait jamais combattu avec ce style puisqu’il semble avoir affronté ses adversaires avec un sabre ou un bokken ?

 

 

Une autre version encore dit que les deux adversaires ont stoppé leur attaque en réalisant qu’ils mourraient tous les deux s’ils allaient au bout. Cela confère alors à Musashi le statut de sabreur invaincu durant toute sa vie…

 

Musô Gonnosuke

Quelques soient les variantes, nous pouvons retenir ce qui a marqué les esprits et qui a contribué à la popularité du Jo : c’est qu’un simple bâton peut vaincre le sabre. Suite à ce duel naquit l’école de Gonnosuke qu’il baptisa Musô Shindô Ryû Jojitsu (Ecole de Jo de la révélation divine). Shindô (Shintô) fait référence à la religion japonaise mais aussi au Katori Shintô Ryû. Muso (sans intention) est aussi le nom de sa famille. Par la suite, la popularité grandissante de Muso Gonnusuke attira l’attention du clan Kuroda de Fukoka qui lui proposa de devenir leur instructeur de Jojutsu. Plusieurs guerriers reçurent des certificats d’enseignement et devinrent avec leurs successeurs, les héritiers de Gonnosuke. Le clan garda jalousement cet art qui devint une tradition secrète.

 

 

On connaissait peu cet art en dehors du clan avant le début du XXème siècle. Après la restauration de Meiji en 1868, la permission de diffuser le Shindô Musô Ryô en dehors des limites du clan fut accordée en 1872. Le grand maître d’alors était Shiraishi Hanjiro Shigeaki, le 24ème de la tradition, qui enseigna jusqu’à sa mort en 1927. Au début du XXème siècle, Shimizu Takaji (entre autres), disciple de Shiraishi Hanjiro Shigeaki, est à l’origine de l’expansion de l’école au Japon pour instruire des groupes aussi divers que la police, le groupe d’étude de Kobudô du Kodokan Judo, les scouts marins, etc… Mais il faut savoir que durant la deuxième guerre mondiale, les techniques du Musô Shindô Ryû ont été adaptées pour le combat à la baïonnette. Les techniques actuelles sont issues de Bujutsu modernes (Shinbujutsu) et ont perdu leur caractère historique. Quelques années après la mort de son maître, Shimizu Takaji est élu président de la Dai Nippon Jodô Kai qui change le nom de la tradition Jojutsu en Jodô (1940).

 

Ô Sensei Morihei UESHIBA

Dans les années cinquante, il est reconnu comme le 25ème grand maître de la tradition, lorsqu’il redonne vie à l’art du Jodô. En effet, une des conséquences de la défaite japonaise lors de la deuxième guerre mondiale fût la proscription des arts martiaux dans tout le pays. Dans les années soixante, le Jodô est affilié à la fédération du Kendo avec un comité chargé d’élaborer une méthode de popularisation du Jo à travers le Japon. Finalement, la fédération élabore le Seiteigata, la forme d’entraînement officielle au Jo, complémentaire à celle du Kendo. Elle comprend 12 kata représentatifs de la tradition, sélectionnés dans les trois premières séries du Musô Shindô Ryû. (quelques altérations toutefois ont marqué l’adaptation aux pratiquants du Kendo). C’est le système encore enseigné à ce jour dans la filiation de l’héritage de Muso Gonnosuke.

 

En Europe, la pratique du bâton long existait en Angleterre. Il pouvait dépasser les deux mètres de long et être lesté de fer aux extrémités. Henry VIII encourageait ses sujets à une pratique régulière. Monsieur Peecke de Tarvystock fit une démonstration en Espagne, le 15 novembre 1625, devant la Cour Royale. Il réussit à battre plusieurs maîtres d’armes experts en épée et dague avec un bâton, alors que les maîtres espagnols étaient la fine fleur des sabreurs européens de l’époque.

 

Le Portugal connaissait aussi cet art. Au cours de l’histoire, les navigateurs portugais ont parfois affronté des chinois, et la rencontre de techniques martiales crée des interactions. Il est probable que la technique portugaise ait influencé les styles chinois qui à leurs tour ont influencé d’autres écoles, comme le Kukishinden ryû. Existe-t-il alors une filiation Portugal-Chine-Kukishinden Ryû? Dans le même ordre d’idée nous remarquons à propos du Taichi, que ce symbole n’apparaît en Chine que vers le XIIIe siècle, alors qu’il existe déjà dans l’Europe gothique (observez les remplages gothiques), et que l’on en a trouvé une représentation sur une ancienne mosaïque romaine en Tunisie…

 

Pratique

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Le jo emmène ou prépare aussi vers les autres disciplines tel que la lance (yari), la naginata (hallebarde). Le jo est à la base prévu pour combattre le sabre japonais.

 

Jo-jutsu

Le Jo-jutsu ne vise pas à tuer l'adversaire, mais seulement à le mettre hors d'état de nuire. La technique du Jo-jutsu fut portée à son maximum d'efficacité par le Shindo Muso-ryu, qui enseignait 64 mouvements de base. L'école du Katori Shinto-ryu enseigne quant à elle douze techniques de maniement du Jo. Ces douze mouvements de base furent codifiés en 1955 et le Jo-jutsu devint alors le Jodo, "la Voie du bâton court". Dans l'entraînement comme dans les combats, les combattants, vêtus d'un Hakama et d'un Haori, ne portent aucune protection. Le pratiquant de cet art se nomme Shijo.

 

Dans le Bujinkan Budô Taijutsu, beaucoup de techniques de Jo proviennent de l’école Kukishinden Ryû Happo Bikken, dont les principes de maniement intègrent ceux de plusieurs familles d’armes.

 

Le est l'arme du jōjutsu ou jōdō, art du maniement du face à un adversaire armé d'un sabre (représenté par un bokken). Il est également employé dans le cadre de l'aiki-jō, élément de l'Aïkido, soit dans le cadre du désarment à mains nues d'un attaquant armé d'un , soit dans le cadre de kata d'harmonisation à deux pratiquants maniant chacun un .

 

Jodo

Au niveau des techniques de manipulation, dans les frappes directes l'on retrouve l'influence du grand sabre (Tatchi), dans les "piqués" l'influence de la lance (Yari) et enfin dans les "chassés" l'influence du fauchard (Naginata). Le Jo est une arme extrêmement efficace, redoutable et très versatile…

 

L'entraînement se déroule en commençant par un échauffement spécifique au Jo Jutsu, qui consiste en des enchaînements de frappes et de piques (Datotsu et Suburi), de différents chassés tant au sabre qu'au bâton. Après ces bases commence l'étude des Kata (dans le rôle du bâton), de difficulté croissante, qui sont de véritables petits combats codifiés. Bien évidemment on étudie les deux rôles, bâton puis sabre ; traditionnellement et dans un but pédagogique évident c'est le plus ancien, le plus gradé ou les professeurs qui utilisent le sabre.

 

Le Jo Jutsu se transmet donc de génération en génération sous forme de Kata (il n'y a jamais de combat libre), cette façon de pratiquer se nomme Kata Geïko, elle est immuable depuis des siècles et garantit la transmission sans altération ni déformation aucune, et l'authenticité de la discipline.

 

Au fil des générations l'école Shindo Muso Ryu Jo Jutsu a aussi intégré d'autres traditions martiales anciennes ou Ko Budo: Ken Jutsu (sabre), Tanjo Jutsu (bâton court), Bo Jutsu (bâton long), Jutté Jutsu ou Tébo Jutsu (court bâton métallique), Kusari Gama Jutsu (faucille avec une chaîne et un poids à son extrémité) Tessen Jutsu (éventail de combat), Hojo Jutsu (techniques pour attacher un adversaire avec une cordelette).…Par ailleurs l'école est souvent appelée familièrement Ko Ryu ou encore Koden (école ancienne).

Ken-jutsuTanjo Jutsu

 

L'Aïki-Jo fut développé par Ô Sensei Morihei UESHIBA dans son dojo d'Iwama en même temps que l'Aïkiken (sabre). L’Aiki-Jo est différent du Jodo (escrime au Jo) qui en fait essentiellement basé sur des techniques de défense contre un sabre. L’Aiki-Jo a été développé à partir de l’art de la lance Hozoïn que le fondateur avait étudié avec Sokaku TAKEDA. De plus Ô Sensei Morihei UESHIBA était un expert militaire en Jukenjutsu (baïonette).

Kusari Gama JutsuTessen JutsuHojo Jutsu

La pratique du est une sorte de complément à la discipline principale de l’Aïkido. Différentes variantes sont proposées avec 2 partenaires, l'un armé d'un et l'autre:

  • armé d’un , (Kumi Jo).
  • armé d’un bokken (sabre en bois).
  • à mains nues (Jo Dori). Apprentissage de saisir–dessaisir.

Etudier l’Aïki-Jo n’est donc pas étudier le maniement du bâton mais le maniement d’un ensemble d’armes que le fondateur avait étudié et adapté aux principes de l’Aïkido.

Morihiro SAITO

L'essentiel du programme d'apprentissage de l’Aïki-Jo fut structuré par Morihiro SAITO, un des élèves les plus dévoués d'Ô Sensei Morihei UESHIBA et qui hérita de la charge d'enseignement au dojo d'Iwama. L’Aiki-Jo lui à été transmis de manière traditionnelle dans une pratique à deux de maître à disciple. Ce type d’enseignement n’étant pas adapté à un groupe d’élèves il décida de le modifier et en fit un système complet d'exercices permettant à l'Aïki-Jo une diffusion équivalente à l'Aïkido et de le faire reconnaître comme partie intégrante de celui-ci.

 

 

Il décomposa ainsi 20 mouvements de Suburis (mouvements de coupe ou frappe de base) établis directement par Ô Sensei Morihei UESHIBA. Il codifia également 10 Kumi-Jo (kata représentant des situations d'affrontement). Il a tout d’abord combiné les mouvements que lui avait enseigné le fondateur en 7 Kumi-Jo, puis en 1983 à l’occasion d’une démonstration au Budokan il a mis au point 3 Kumi-Jo supplémentaires.

 

L'Aïki-Jo comprend ainsi plus d'une centaine de mouvements (et de nombreuses variantes) ayant une parenté étroite avec le Taïjutsu et l’Aïkiken

 

Le Jo est souvent l’arme la plus appréciée des débutants. Elle semble plus simple à utiliser que le Ken, les mouvements étant plus amples, plus nombreux et exigeant moins de rigueur que le sabre.

 

 

Au Japon, le grand bâton () mesure environ 1,80 m (6 Shaku) et fait partie intégrante de l’enseignement d’anciennes écoles telles que la Tenshin Shôden Katori Shintô Ryû ou la Kukishin Ryû qui utilise aussi d’autres longueurs d’armes, dont le Jo. Durant la période Edo, l’utilisation du bâton était fréquente par les marchands ou les gardes du corps. En effet, le permettait de neutraliser quelqu’un sans le tuer, évitant ainsi des problèmes avec les autorités. Notons que le mot japonais pour «garde du corps» est «Yojimbô» : le porteur du

 

Tout comme le Bokken et le Tanto, le Jo (bâton) est un outil pédagogique permettant d'appréhender les notions de distance et de placement. Il se pratique dans le cadre de l'Aïki-jo, soit individuellement sous forme d'enchaînements simples (kata) regroupant différentes manipulations de base du bâton et permettant d'exercer son habileté gestuelle, soit avec un ou des partenaires dans des phases de simulation de combat (kumi-jo). Le bâton peut également être utilisé comme arme contre un partenaire à mains nues (jo-nage) ou au contraire comme moyen d'esquive sur une attaque à mains nues (jo-dori).

 

C'est une arme simple, primitive. Sa manipulation est liée à sa structure: un corps cylindrique et deux extrémités. Elle est apparentée à celle du Yari (lance) et du Naginata (fauchard). On trouve donc des mouvements d'estoc (piquer avec la pointe de la lance), de grands mouvements circulaires de taille (couper avec la lame du fauchard), des frappes, des fauchages et des blocages avec la hampe de l'arme.

 

Une autre particularité du Jo est sa parfaite symétrie. Sa section est circulaire: il n'est donc pas nécessaire de l'orienter pour frapper, contrairement à une coupe avec une lame qui doit avoir un angle d'attaque très précis. Ses deux extrémités sont équivalentes: une simple bascule de 180° permet d'avoir la même efficacité dans un coup d'estoc (tsuki).

Jo

 

Enfin de cette symétrie émerge le principal intérêt de l'Aïki-jo: le placement des mains qui glissent continuellement sur la longueur du bâton en parfaite opposition et complémentarité pour pousser ou faire tourner l'arme. Cette pratique développe la coordination et le centrage de la gestuelle propre à l'Aïkido, origine d'une véritable efficacité.

 

 

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