Le Bokken

Retour à la page Armes

 

Bokken

 

Le bokken, une arme redoutable.Bokken

 

Le katana est le sabre, l'arme du samuraï, le reflet de son âme, le garde de son corps. En aucun cas, le samuraï ne se sépare de son katana.

 

Le bokken est un sabre japonais en bois reprenant la taille et la forme du katana. Il peut être utilisé avec la garde (tsuba) qui protège les mains, ou sans la garde. Le bokken est aussi appelé bokuto.

 

Plusieurs types de bokken sont utilisés, Le bokken en chêne blanc japonais est souvent utilisé pour la pratique de l'Aikido, car sa fabrication donne une résistance particulièrement appréciée lors d'une pratique intensive et constante. De ce fait, il est utilisé pour les entraînements et les kata comme un sabre. Dans la pratique traditionnelle, son emploi fut très répandu pour des raisons essentiellement économiques et de sécurité.

 

Entainement au bokkenIl sert principalement à l'entraînement dans le cadre des arts martiaux (Aïkido, kenjutsu, iaido, kendo, jōdō) comme remplacement à meilleur marché et moins dangereux du sabre. Historiquement, le bokken a également été utilisé dans des situations de combat. Le samuraï Miyamoto Musashi est réputé avoir longtemps utilisé le bokken comme arme de combat, en particulier lors de son duel contre Kojirō Sasaki. Il demeure aujourd'hui l'arme par excellence de l'apprentissage du kenjutsu dans la plupart des koryu.

 

En fait, on raconte que l'utilisation du katana pendant les entraînements augmentait le taux de mortalité dans les écoles de sabres!

 

La pratique du bokken fût intaurée dans les écoles de sabres afin de garder les effectifs.

 

Mais la sagesse n'est pas terrestre, le taux de mortalité diminua mais les effectifs chutèrent de beaucoup. Les samuraï à l'entraînement ne retinrent plus leurs coups et le bokken fit des ravages sur les os de nos pauvres samuraï.

 

Les estropiés, les fractures, et les invalides firent chuter l'effectif des écoles.

 

Cependant, le bokken fut considéré comme une arme spécifique et certains combattants renommés préférèrent utiliser le bokken au combat en raison de son caractère indestructible.

Beau bokken

Sa longueur totale est de 105 cm, ce qui peut varier en fonction des écoles.

 

 

Le bois

Retour au début de la page

chêne du JaponnéflierEbene

Quatre essences sont utilisées dans la fabrications des bokken: le chêne du Japon (blanc, plus dense, ou rouge, plus léger), le néflier (en japonais biwa), le yusu (ou Isu no ki, dont on utilise le cœur, sunuke), et l'ébène (Kokutan). Le chêne fournit un bois dur aux fibres serrées, résistant aux impacts. Le néflier et le sunuke donnent un bois au grain très fin, donc des bokken à la surface douce. Les bokken en ébène sont plus lourds, très solides et résistants aux chocs. Les chênes servant à la fabrication des bokken sont âgés d'au moins 70 ou 80 ans, tandis que les autres arbres doivent avoir au moins 200 ans pour disposer de troncs suffisamment importants.

 

Dans la fabrication d'un bokken, le tronc est d'abord coupé en tranches longitudinales, puis mis à sécher à l'air libre pendant un an. Certains fabricants emploient des procédés de séchage mécaniques, qui raccourcissent ce délai à quinze jours, au prix d'une plus grande rétraction des fibres du bois, produisant des bokken plus sensibles à l'humidité et plus cassants. Un patron permet ensuite de découper mécaniquement la silhouette du bokken dans la tranche de bois, de tailler la pointe et le tranchant (ha). Une fois la forme dégrossie, le bokken est taillé à la main par rabotage successif à l'aide d'une vingtaine de modèles de rabots d'angle et de courbure différents. La finition se fait au papier de verre fin.Différents bokken

 

Les différences entre fabricants se jouent d'abord au niveau de la qualité du bois employé, puis dans le type du cintre des bokken produits, qui diffèrent par l'amplitude de leur courbure et la position du foyer de la courbure (sori, proche de la poignée, au milieu ou proche de la pointe).

 

À l'origine, les meilleures qualités recherchées pour un bokken se retrouvaient dans les bois «flottés», notamment dans les vieilles rames de bateau en chêne: bois séché très lentement dans ou au contact de l'eau, d'âge respectable et légèrement tordu par l'effort (et non taillé en arc).

 

Il faut s'assurer:

  • de la qualité du grain (fin, lisse, serré, aux nervures longitudinales ininterrompues).
  • de l'absence de nœuds dans le bois.
  • de l'adaptation de l'arme en poids et largeur aux besoins physiques et techniques du pratiquant.
  • En général, le centre de gravité doit se situer dans le premier tiers du bokken, ce qui peut aussi varier selon les écoles.

La courbure

 

Il y a trois genres de courbure:

  • les Koshi-zori bokken ont leur courbure plus près de la poignée.
  • les Torii-zori bokken ont leur courbure plus près du centre.
  • les Saki-zori bokken ont leur courbure plus près de la pointe.

Deux utilisations du bokken:

 

La première consiste à utiliser le bokken comme un sabre pour l'entraînement. On utilise le bokken avec les mêmes gestes que si c'était un Katana, soit des gestes de coupes et de pics.

 

La deuxième plus spécifique au bokken, on utilise le bokken avec des gestes de coups (écrasements) appuyés plus tôt que de coupes ainsi que de pics.

 

Comme les katana, les bokken ont suivi leur époque, et chaque école traditionnelle historique — Tenshin Shoden Katori Shintō Ryu, Kashima Shinto Ryu, Yagyu Ryu, Yagyu Shinkage Ryu, Hyoho Niten Ichi Ryu, etc — possède des caractéristiques physiques, poids, courbure, longueur, pointe, épaisseur, adaptée à la technique de cette école.

 

 

Dénomination

Retour au début de la page

Au Japon, le terme le plus usité pour désigner un sabre de bois est bokutō (木刀, le terme bokken (木剣) étant un synonyme plus rare. C'est cependant ce dernier terme qui est le plus utilisé hors du Japon. En japonais, le caractère ken () s'emploie de préférence au début d'un mot pour les termes ayant un rapport avec l'escrime, comme dans kendō (剣道, Voie du sabre) ou kenjutsu (剣術, Art du sabre). Le caractère katana (se prononce dans les associations de plusieurs caractères) est plutôt utilisé comme un suffixe, comme dans shōtō (小刀, sabre court) et daitō (大刀, grand sabre).

 

Bokken souvenir

Bokken souvenir

bokken souvenir

La plupart des bokken sont fabriqués en Chine populaire, à Taïwan ou au Japon. Les premiers représentent la majorités des bokken vendus comme jouets ou comme souvenirs, tandis que les bokken taïwanais ou japonais sont plutôt destinés à la pratique des arts martiaux.

 

Parmi les bokken de fabrication japonaise, 90% sont issus de l'île de Kyushu, en particulier de la ville de Miyakonojō.

Bokkenbokken

En tant qu'arme d'entraînement, le type de qualité attendues d'un bokken dépend du type de travail recherché.

 

Dans le cadre d'un travail de kata seuls ou de travail de coupe, il s'agit de se rapprocher des sensations du sabre. Le bokken employé doit alors avoir un équilibre et un cintre proches de ceux d'un katana. Pour le renforcement musculaire, il existe des bokken (suburito, «sabres pour la coupe») à la lame épaissie, reproduisant le poids (mais plus l'équilibre) d'un sabre.

 

Dans le cadre d'un travail à deux partenaires armés (chacun d'un bokken, ou d'un dans le cas du jōdō), la résistance aux chocs devient un paramètre important. Le bois du bokken doit se tasser face à un impact, sans produire d'échardes ou d'angles vifs risquant de blesser les deux protagonistes. Pour ce faire, les bokken de qualité sont taillés dans la longueur du tronc, afin que les fibres aillent d'un bout à l'autre du bokken.

 

La partie du bokken représentant la lame (ha) est taillée en fonction de l'usage qui doit en être fait. Dans le cas des arts reposant sur la confrontation armée, la lame est lisse, se terminant en angle aigu, afin de reproduire le même type de contact et de sifflement que les lames en acier des sabres. Dans le cas de l'Aïkido, où un des partenaires peut être à mains nues, la lame est arrondie et la pointe aplatie afin de limiter les risques de blessure et de garantir une meilleure résistance aux chocs.

 

De même, la position du foyer de courbure, qui détermine le centre de gravité de l'arme, est choisi en fonction d'un arbitrage entre maniabilité et puissance de l'arme.

 

 

Utilisation

Retour au début de la page

Aïkidoka travaillan au bokkenLe bokken est utilisé dans la majorité des arts martiaux japonais comme subtitut du katana. Dans certaines koryu, il est étudié pour ses qualités intrinsèques.

 

Ô Sensei Morihei UESHIBADans ce cadre de l'Aïkido et de l'Aïkibudo, il est employé à la fois pour matérialiser des directions de coupe employées dans les techniques à mains nues, dans le cadre de techniques de désarmement et dans le cadre d'exercices où les deux pratiquants sont armés (il s'agit alors de l'aikiken).

 

Dans la pratique, l'Aïkidoka utilise une arme de bois, le bokken, qui est l'image du sabre. Ô Sensei Morihei UESHIBA a beaucoup travaillé pour intégrer l'art du sabre dans l'Aïkido. Son fils Kisshomaru UESHIBA a écrit dans "L'esprit de l'Aïkido" la voie de l'Aïki et la voie de l'épée sont intimement liées au niveau des principes de base des mouvements et des méthodes.

 

Senseï Saito

En apparence, elles sont radicalement différentes dans la mesure où l'Aïkido se pratique à mains nues, tandis que l'art de l'épée utilise une arme, mais, si l'on dépasse la surface des choses, de nombreux points communs peuvent être notés. La pratique du Ken en kumi tachi apprend énormément, tant sur le placement que sur la position des mains.

 

Ainsi, de nombreux professeurs utilisent des exercices de Ken pour illustrer des techniques à mains nues. La pratique en tachi dori apprend à gérer une distance plus grande qu'avec un Tanto, une attaque nettement plus dangereuse qui demande une vigilance accrue de la part des deux partenaires.

 

 

 

 

Dans la pratique du Kendō, le bokken est utilisé pour les kata.

 

Les koryu utilisent le bokken pour leur pratique du kenjutsu. Elles l'utilisent dans des kata avec bokken contre bokken, bokken contre deux bokken (un grand et un petit), bokken contre naginata, bokken contre kusarigama et même bokken contre flèches.

Bokken contre naginata

Miyamoto MusashiD'après Iwami Toshio Harukatsu, soke de la Hyoho Niten Ichi Ryu, le choix exclusif du bokken par rapport au katana relève d'une optique spirituelle de Miyamoto Musashi qui avait renoncé à tuer. Il précise aussi que l'usage des bokken permet de développer le ki (énergie) de la pratique du sabre sans dommages corporels.

 

Liste des koryu utilisant des bokken présentes en France:

  • Hyoho Niten Ichi Ryu (兵法二天一流剣術)
  • Muso Shinden Ryu (無雙直傳英信流居合術)
  • Negishi-ryû - Shirai-ryû (根岸流 - 白井流)
  • Shinto Muso Ryu (神道夢想流)
  • Suio Ryu (水鷗流 居合 剣法)
  • Tatsumi-ryû heihô (立身流兵法)
  • Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū (天真正伝香取神道流剣術)
  • Toda-ha Bukô-ryû (戸田派武甲流)

 

Variantes

Retour au début de la page

suburi bokkenIl existe des variantes du bokken, soit destinées à des types de travail technique spécifique, soit représentant des lames de longueur différente de celle du katana. Parmi les plus répandues, on trouve:

  • Le suburi bokken ou suburitō. Pour reproduire le poids (mais plus alors l'équilibre) du katana dans le cadre d'un travail de la frappe droite (shomen), le suburitō présentent une lame plus épaisse, permettant de développer la musculature, mais pouvant être à l'origine de tendinites.
  • Le shoto, un wakizashi en bois. Il est employé dans les kata des koryu sous le terme de kodachi. Il est aussi utilisé dans la pratique des deux sabres présente dans plusieurs koryu (Hyoho Niten Ichi Ryu, Suio Ryu, Tenshin Shōden Katori Shintō-ryū) et dans l'école d'Aïkido de Mitsugi Saotome senseï.

 

 

 

 

Retour au début de la page

Retour à la page Armes