Historique de l'Aïkido

 

 

De l'ancien Ju-jitsu au Judo et à l'Aïkido moderne

 

les BushiAlors que l'on risquait constamment sa vie sur les anciens champs de bataille, différents styles samourai de combat ont émergé et se sont développés pour donner le Bujitsu. Parmi ceux-ci, le Ju-jitsu s'est développé vers un style à mains nues (technique de combat élaborée par des guerriers japonnais (les Bushi) au douzième siècle, afin de permettre au combattant désarmé de se défendre face à un ennemi armé. Le Jujitsu vise à vaincre un adversaire en utilisant le minimum de forces, ainsi l'adepte doit savoir jauger la force de son assaillant et l'utiliser contre lui, esquiver ses attaques et le déséquilibrer, repérer ses points faibles et l'immobiliser au sol en lui tordant les membres ou en l'étranglant, enfin le frapper de manière à lui faire perdre connaissance, à le blesser voire à le tuer. Dans le Japon ancien, le Jujitsu fut pratiqué par les samurai puis plus tard par les ninja, et surtout par les bandits, ce qui explique sa mauvaise réputation... Détrôné par le judo, le karaté et l'Aïkido, le Jujitsu a perdu beaucoup de sa renommée, c'est cependant de lui que découlent la plupart des techniques actuelles des arts martiaux). Cependant, c'était l'ère féodale et les techniques étaient gardées secrètes. Evidemment, elles n'étaient efficaces que contre des personnes qui ne les connaissaient pas. Une grande variétéd'écoles se sont développées, sans qu'aucune ne connaissela totalité des techniques.

 

Après l'ère féodale, il n'y avait plus de nécessité pour les batailles et ondonnait plus d'importance à la formation de l'esprit et du corps et à l'auto-défense. Ainsi le Bujitsu a été transformé en Budo, où l'accent était mis sur le développement d'un esprit pur.

 

Sokaku TAKEDA

L'Aikido tire ses origines du Daito ryu Aiki jujitsu, fondé par Shinra Saburo YOSHIMITSU le transmis au clan Aizu. Ô Sensei Morihei UESHIBA, un Shintoïste très croyant, apprit le Daitoryu Aikijujitsu de Sokaku TAKEDA, de même que le Kitoryu, Yagyuryu, Shinkageryu, etc. et a créé l'Aikido qui comporte de fortes connexions au Shintoïsme.

 

Ô Sensei Morihei UESHIBA

Art martial développé à partir de 1931 par Ô Sensei Morihei UESHIBA (1881-1969) avec la création à Tokyo de son premier Dojo, le Kobukai, où il enseignait ses techniques et sa philosophie. Moderne, cet art martial propose, en dehors de techniques de défense individuelle, un "art de vivre". Morihei UESHIBA est fréquemment surnommé Ô Sensei, littéralement «grand professeur» par les pratiquants, en raison de la maîtrise qu'il avait des arts martiaux. Ô Sensei Morihei UESHIBA, qui avait depuis sa jeunesse étudié avec ardeur les techniques du Jujitsu et du Ken-jutsu, trouvant ces techniques trop guerrières, conçut une méthode "protectrice" alliant l'esprit de décision, la connaissance de l'anatomie et la rapidité des réflexes. Contrairement a certains autres arts, il refusa les pratiques du "corps à corps" dans le but d'éviter le contact étroit avec un adversaire potentiellement dangeureux. L'Aïkido, par un jeu subtil de mouvements, d'esquive, de déplacements du corps et de contre-prises a pour but de retourner la force de l'adversaire contre lui. Il désirait également créer un art martial typiquement japonais, pour cela il s'inspira des anciennes techniques de combat au sabre. Il met l'accent sur l'importance de réaliser l'harmonie entre le souffle et le corps avec la nature, mais également sur celle devant exister entre l'esprit et la morale, symbolisés par le "Do", la voie à suivre pour atteindre la perfection du Soi l'Aïkido est ainsi devenu un art de combattre à mains nues, même contre un adversaire armé. En 1969, Ô Sensei Morihei UESHIBA tombe malade et décèdera le 26 avril 1969. Deux mois plus tard, Hatsu, sa femme, meurt à son tour. Son fils Kishomaru prendra sa suite...

 

 

L'Aïkido en france

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L’Aïkido est introduit en France par Maître Minoru MOCHIZUKI en 1951. Il pratique d’autres arts Ô Sensei Morihei UESHIBA et Maître Minoru MOCHIZUKImartiaux, principalement le Judo, quand il est recommandé en 1930 par son professeur Kano Sensei auprès de Ô Sensei Morihei UESHIBA pour étudier les techniques de Ju-Maître Minoru MOCHIZUKIJutsu. A l’ouverture du futur Hombu Dojo, Ô Sensei Morihei UESHIBA lui demande de devenir ushideshi. Il devient certainement un des élèves les plus appréciés du maître qui, en outre, souhaitait que Maître Minoru MOCHIZUKI épousât sa fille.

 

En fait, Maître Minoru MOCHIZUKI ne vit qu’un an auprès du maître, mais ils gardent de telles relations que Ô Sensei Morihei UESHIBA lui rend toujours visite quand ses voyages le rapprochent de la région où habite son élève.

 

Alors que Maître Minoru MOCHIZUKI est invité en Europe pour enseigner le Judo, il se rend auprès de Ô Sensei Morihei UESHIBA. Celui-ci lui confie qu’il vient de rêver, par trois fois, qu’un de ses disciples allait diffuser l’Aïkido en Europe et qu’il avait acquis la certitude que ce serait lui. Maître Minoru MOCHIZUKI s’embarque pour la France où il dirige des stages de Judo et exécute différentes démonstrations pour promouvoir l’Aïkido. En 1952, il est expulsé de France pour avoir tenu des propos antinucléaires. Avant son départ, il charge un des ses élèves, Jim ALCHEIK, de poursuivre son œuvre. De retour au Japon, il demande à Ô Sensei Morihei UESHIBA d’envoyer un nouveau disciple en France. C’est Tadashi ABETadashi ABE que Ô Sensei Morihei UESHIBA choisit pour accomplir cette mission.

 

Tadashi ABE, alors âgé de 28 ans, ne parle pas un mot de français. Il enseigne dans les dojo de Judo déjà implantés à cette époque. Le Maître KAWAISHI lui conseille de procéder comme il l’a fait pour le Judo à son arrivée, c’est à dire de codifier les mouvements sous forme de séries, ce qui s’avère plus adapté à la pédagogie des occidentaux. De 1953 à 1961, Tadashi ABE suit méthodiquement ce conseil. Son Aïkido est très axé sur la défense. Tadashi ABE avait comme particularité physique de ne plus avoir de séparation entre les phalanges à cause de ses frappes répétées au makiwara, souvenir de ses débuts à Osaka en 1942, une époque où le Japon fabriquait des guerriers. Après huit ans de travail, il retourne dans son pays considérant accomplie la mission que Ô Sensei Morihei UESHIBA lui avait confiée.

 

Avant de quitter la France, il décerne le quatrième dan à André NOCQUET (élève de Ô Sensei Morihei UESHIBA de 1955 à 1957)André NOCQUET et Ô Sensei Morihei UESHIBA qu’il charged’assumer la relève. Il laisse plusieurs milliers de pratiquants en France, avec parmi eux de nombreuses ceintures noires. De retour au Japon, il est choqué par le changement de l’enseignement pendant son absence. Reprochant au Hombu Dojo de pratiquer un sport de femmes, il se sépare de l’Aïkikaï.

 

En France, la révolte gronde. André NOCQUET ne parvient pas à faire l’unanimité parmi les pratiquants, dont certains n’acceptent pas de lui laisser le premier rôle pour diriger et développer l’Aïkido comme il l’entend. Une demande est faite, auprès de l’Aïkikaï, pour déléguer en France un expert japonais. Certainement très flatté par cette démarche, les Japonais choisissent Mitsuro NAKAZONO qui arrive en 1961 à Marseille. Ce choix n’est peut-être pas le meilleur. En effet, Maître Mitsuro NAKAZONO est très influencé par la philosophie et la spiritualité. Sans remettre en cause ses qualités, le contraste est cependant saisissant avec le « guerrier » Tadashi ABE. Le nouvel expert refuse toutes codifications puisque celles-ci n’existent pas au Japon. Dans son dojo de la porte Saint-Martin, à Paris, il instaure des exercices de méditation avant la pratique, comme le fondateur Ô Sensei Morihei UESHIBA avait l’habitude de le faire. Beaucoup d’élèves le quittent, mais parmi André NOCQUET et Ô Sensei Morihei UESHIBAceux qui persévèrent se trouve un jeune adolescent de seize ans, Christian TISSIER. En 1967, Maître Mitsuro NAKAZONO crée l’institut Kamanaga, où il enseigne pour la première fois en France le Kato-Tama (les mots de l’âme), répétition de certains sons précis selon un ordre déterminé, cher à Ô Sensei Morihei UESHIBA. En 1970, Maître Mitsuro NAKAZONO quitte la France pour Santa-Fé, Etats-Unis, où il n’enseigne plus l’Aïkido.

 

La même année que Maître Mitsuro NAKAZONO, en 1961, arrive en France un deuxième disciple, Maître Masamichi NORO, cettefois choisi par Ô Sensei Morihei UESHIBA, et mandaté pour propager l’Aïkido en France et en Europe.Maître Masamichi NORO Entre-temps, plusieurs pratiquants se sont établis depuis le départ de Tadashi ABE. Refusant d’accepter Maître Mitsuro NAKAZONO comme remplaçant, ils poursuivent leur propre chemin. L’arrivée de Maître Masamichi NORO est accueillie avec beaucoup de méfiance par certains professeurs français qui ont peur que soit mis en cause leur prestige naissant. Maître Masamichi NORO, certainement ébranlé par cet accueil sans chaleur, poursuit sa mission et crée en 1962 l’Association Culturelle Française d’Aïkido ( ACFA). Il organise de nombreux stages en France et en Europe et fonde en l’espace de trois ans 250 clubs qu’il dirige dans toute l’Europe. En 1969, Maître Masamichi NORO est victime d’un très grave accident de la route qui le laisse, en dépit de plusieurs opérations, paralysé d’un bras. Sans qu’il en soit informé, les instances du moment décident de confier la responsabilité de ses clubs à ses assistants. Quand il reprend son enseignement, seulement quelques fidèles sont encore au rendez-vous. Il ouvre alors à Paris un dojo appelé Institut Noro. C’est l’époque de la contestation en France. Les querelles à propos de formes, de styles, sont incessantes, chaque groupe étant persuadé de pratiquer et d’enseigner le « vrai » Aïkido. Son style étant de plus en plus critiqué, Maître Masamichi NORO décide de se séparer de toutes attaches et donne un nouveau nom à son art, où la notion de combat disparaît complètement : le Kinomichi.

 

Nobuyoshi TAMURA SenseiC’est au cours de cette période qu’un troisième maître japonais arrive en France. En 1964, Ô Sensei Morihei UESHIBA charge Nobuyoshi TAMURA Sensei, qui a prévu de découvrir l’Europe durant son voyage de noces, d’étudier la manière dont fonctionne l’Aïkido en France au travers des structures associatives qui le régissent. A ce moment, les relations entre Français et Japonais se sont considérablement dégradées, les premiers reprochant aux seconds de ne pas s’adapter à leur mentalité et à leur réalité. Nobuyoshi TAMURA Sensei, qui ne devait rester que quelques mois en Europe, s’installe en France où il demeure encore aujourd’hui. Nobuyoshi TAMURA Sensei adhère à la ACFA créée par Maître Masamichi NORO puis il rejoint en 1971 les groupes adhérents à la Fédération Française de Judo et Disciplines Associées (FFJDA). Il participe également à la fondation de l’Union Nationale d’Aïkido (UNA), son style devenant de plus en plus représentatif. Il collabore avec André NOCQUET et Hiroo Mochizuki.

 

Maître André NOCQUET étudie l’Aïkido dans les années cinquante avec Maître Minoru MOCHIZUKI, puis avec Tadashi ABE (1953), tout en enseignant parallèlement le judo. Sur le conseil de Tadashi ABE et avec une lettre de recommandation, Maître André NOCQUET part en juin 1955 au Japon pour devenir élève de Ô Sensei Morihei UESHIBA. Il a alors comme compagnons d’entraînement Maître Masamichi NORO, Maître Saotomé et Nobuyoshi TAMURA Sensei. Deux ans et demi plus tard, Ô Sensei Morihei UESHIBA lui décerne le diplôme de Maître d’Aïkido. Maître André NOCQUET séjourne quelque temps à Hawaï où il pratique avec Maître Tohei avant de rentrer en France en 1958. En 1961, Tadashi ABE lui attribue le 4° dan avant de rentrer au Japon et il semble que Ô Sensei Morihei UESHIBA lui donne en 1962 mandat pour être le représentant général de l’Aïkido en France. En 1969, Maître André NOCQUET participe à la création de l’Union Européenne d’Aïkido dont il sera le professeur et le directeur technique.

 

Histoire de l'organisation fédérale en France

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Dans les années cinquante, l’Aïkido est enseigné dans les dojo de judo aux ceintures noires.

 

Jim ALCHEIKOn doit à Tadashi ABE la première codification de l’art sous forme de série.

 

La première structure fédérale française est créée par Jim ALCHEIK en 1959. Elle prend le nom de Fédération Française d’Aïkido Taï-Jutsu et Kendo (FFATK). Alcheik est élève de Maître Minoru MOCHIZUKI avec qui il a passé un an au Japon en 1958. Il développe un programme d’entraînement destiné aux futurs instructeurs, essentiellement recrutés parmi des ceintures noires de judo. Il est tué au cours d’un attentat en Algérie en 1962.

 

Maître Masamichi NORO

Au début des années soixante, le nombre de pratiquants est en augmentation (de 400 à 500) et il y a pénurie de professeurs. Après le départ de Tadashi ABE en 1961, plusieurs groupes se forment, organisés par ses anciens élèves. Le plus important est celui de Maître André NOCQUET. En 1964, celui-ci rejoint la FFJ qui devient la FFJDA. La même année, la FFATK rejoint la FFJDA. Maître Masamichi NORO dirige de son côté un groupe indépendant, l’Association Culturelle Française d’Aïkido (ACFA) créée en 1962. En 1965 la section Aïkido de la FFJDA comprend 111 dojo avec 2.200 membres. En additionnant les groupes de Maître Masamichi NORO, Maître Mitsuro NAKAZONO et Nobuyoshi TAMURA Sensei, le nombre de pratiquants augmente de 1.000 personnes. C’est en 1967 que Maître Maître André NOCQUETAndré NOCQUET et ses élèves quittent l’organisation du Judo pour créer la Fédération Française d’Aïkido (FFAD).

L’Aïkido poursuit son développement et le nombre de pratiquants dépasse 10.000 membres en 1970. L’année suivante, le Ministère de la Jeunesse et des Sports décide d’accorder aux instructeurs d’Aïkido une licence officielle d’enseignement à l’exemple des professeurs de Judo.

 

L’Etat assume ainsi le rôle de vérifier la qualité et le niveau technique des futurs professeurs. N’étant pas spécifiquement équipé pour assumer ce rôle, il délègue ses pouvoirs aux deux organisations à même de mieux le représenter, la FFJDA et la FFDA, mais ne parvient pas, face aux résistances mutuelles, à imposer une fédération unique.

 

Maître Minoru MOCHIZUKILa même année, en 1971, M. Pfeiffer, ancien président de la FFJDA, crée l’Union Nationale d’Aïkido (UNA) sous l’égide de la FFJDA, afin de parvenir à unir les trois principaux groupes. L’UNA se compose alors de l’ACFA dirigée par Nobuyoshi TAMURA Sensei, du Cercle d’Aïkido Traditionnel (CAT), de Maître André NOCQUET et du groupe Yoseikan de Maître Minoru MOCHIZUKI. L’Institut Noro, affirmant son indépendance vis-à-vis de la FFJDA, refuse de se joindre à cette nouvelle fédération d’Aïkido. Sous l’impulsion de l’UNA, une commission représentative de ces trois groupes est créée et 500 professeurs ayant exercé au moins trois ans dans un dojo sont diplômés. Deux ans plus tard, Nobuyoshi TAMURA Sensei, Maître André NOCQUET et Maître Minoru MOCHIZUKI s’accordent pour mettre au point des principes d’enseignement appelés « la Méthode Nationale ». Ce travail est publié en 1975 sous le titre Aïkido, méthode nationale avec pour unique auteur Nobuyoshi TAMURA Sensei. A partir de cette date commence la désintégration de l’UNA, laissant Nobuyoshi TAMURA Sensei seul à la tête de l’organisation, avec, pour quelques années encore, l’accord de l’Etat.

 

Doshu Kisshomaru UESHIBALe 12 octobre 1975, Doshu Kisshomaru UESHIBA, fils de Ô Sensei Morihei UESHIBA, est invité en France. Il est témoin de la création le 2 novembre de la Fédération Internationale d’Aïkido (IAF) et de la Fédération Européenne d’Aïkido (EAF). Sur l’insistance de l’Aïkikaï, l’inauguration officielle de l’IAF a lieu un an plus tard à Tokyo. Son premier président fut le français Guy BONNEFOND. A la fin de l’année 1975, l’UNA compte à elle seule près de 16700 membres. En ajoutant les adeptes des autres groupes, plus de 20.000 pratiquants sont dénombrés. Les années 1975-1980 témoignent de grands bouleversements au sein de l’UNA qui perd un quart de ses membres, ne comptant plus que 12500 inscrits en 1977-78. Un certain nombre d’instructeurs quittent l’organisation et proclament leur indépendance. De nombreux dojo autonomes voient ainsi le jour. Pour tenter de mettre un semblant d’ordre dans ces différentes écoles, Guy BONNEFOND crée la Fédération Nationale d’Aïkido (FNA). Une conférence réunissant tous les groupes est organisée sans qu’une issue positive soit trouvée à la consternation du Ministère de la Jeunesse et des Sports.

 

En 1977, pour élever le niveau technique des enseignants, Nobuyoshi TAMURA Sensei dirige dix séminaires nationaux avec la nouvelle fédération, ainsi que 240 stages locaux. Malgré ces efforts, la FNA ne compte que 12.300 membres à la fin de l’année. Au même moment, quatre grands groupes, la FFJDA de Maître André NOCQUET, le CERA d’Alain FLOQUET (ancien élève de Maître Minoru MOCHIZUKI), l’Institut Noro et la Fédération française de Yoseikan Budo de Maître Minoru MOCHIZUKI s’opposent à la FNA et créent la Fédération des Arts Martiaux Traditionnels.Autour du Doshu UESHIBA Moriteru, petit-fils de Ô Sensei, son fils Waka Sensei, NORO Masamichi Sensei, TAMURA Nobuyoshi Sensei

 

Le troisième congrès de la IAF est organisé à Paris en octobre 1980. Plus de 400 professeurs et élèves assistent aux débats et séminaires dirigés par Doshu Kisshomaru UESHIBA, son fils Moriteru, Rinjiro SHIRATA et différents représentants Nobuyoshi TAMURA Senseijaponais de l’Aïkikaï en Europe. Le congrès est marqué par d’explosives prises de position et la volonté de l’Aïkikaï de ne reconnaître officiellement qu’une seule organisation internationale. Devant la situation chaotique des arts martiaux en France, due en partie à l’arrivée massive de réfugiés du Sud-Est asiatique, une situation qui a entraîné la prolifération de nombreux dojo, le Ministère de la Jeunesse et des Sports exige en 1981 des différents groupes et écoles qu’ils adhèrent à l’une des trois fédérations officielles, Judo, Aïkido et Karaté. D’autre part, la crise de la section Aïkido de la FFJDA se développe. Une réunion est organisée en 1982 pour mettre au point une déclaration d’indépendance. Bien qu’un accord de principe soit unanimement approuvé, un groupe apparaît favorable à une indépendance progressive alors que l’autre groupe, dirigé par Nobuyoshi TAMURA Sensei, prône une séparation urgente et immédiate. En fait, le groupe de Nobuyoshi TAMURA Sensei avait préparé la structure d’une nouvelle organisation indépendante mais, en dépit du soutien de Guy BONNEFOND, président de la section Aïkido, il doit renoncer en avril et laisse la future organisation sans haut gradé. La Fédération Française d’Aïkido, Aïki-Budo et Assimilé (FFAAA) prend place en 1983 sous la présidence de Jacques ABEL. La FFAAA reçoit l’agrément officiel du Ministère et se compose pour l’essentiel du groupe favorable à une indépendance progressive. Les fédérations de Maître André NOCQUET et de Alain FLOQUET rejoignent alors la nouvelle organisation.

 

De l’autre côté, Nobuyoshi TAMURA Sensei, ainsi que CHASSANG et Guy BONNEFOND qui jouent un rôle déterminant, optent pour la rupture complète avec la FFJDA et créent la Fédération Française Libre d’Aïkido et de Budo (FFLAB) qui deviendra plus tard la Fédération Française d’Aïkido et de Budo (FFAB).Christian TISSIER

 

En 1985, Maître André NOCQUETMaître André NOCQUET quitte la FFAAA pour rejoindre la FFAB de Nobuyoshi TAMURA Sensei. La FFAAA se retrouve sans haut gradé en son sein, bien qu’elle compte beaucoup de professeurs expérimentés. Parmi ces derniers, Christian TISSIER qui, après avoir étudié 7 ans à l’Aïkikaï Hombo Dojo de Tokyo, est rentré en France en 1976 pour enseigner. Son succès sans précédent lui permet au cours des années de développer la ferveur de plusieurs centaines d’élèves. Christian TISSIER devient de facto le leader de la FFAAA en contre point à Nobuyoshi TAMURA Sensei de la FFAB. A l’heure actuelle, la situation s’est éclaircie et l’Aïkido poursuit son développement. La FFAAA compte environ 30.600 membres, dans 703 clubs d'Aïkido et 98 clubs d'Aïkibudo affiliés. La FFAB compte environ 30.700 membres dans 780 clubs. Avec plus de 61.000 membres, si on prend en compte les différents groupes indépendants qui s’entraînent dans près de 2000 dojo, il apparaît que la France dépasse le Japon en termes de membres actifs et assume ainsi l’honneur d’être le pays accueillant le plus grand nombre de pratiquants dans le monde.

 

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